[i563]                                        DE LA VILLE DE PARIS.                                           225
CCCXLIX. — La Royne demande cent mil escuz pour les affaires du Roy.
8 juin i563. (Fol. ig5 v°.
"Messieurs, vous entenderez, tant par la lettre que le Roy monsieur mon filz vous escript presente­ment que par ce qu'il a donné charge au Prevost des Marchans vous dire de sa part, le besoing que nous avons d'estre promptement aydez et secourruz jus­ques à cent mil escuz de complant par constitution de rente t1', aux surettez du remboursement que nous avons proposée aud. Prevost, vous pryant que, con­siderant l'importence dont nous est et à toute la chose publicque de ce royaume l'effect pour lequel nous vous demandons lad. somme, et combien chascun bon subject et serviteur dud. Seigneur Roy, mon filz, se doibt monstrer aydant et secourable en son en­droict sur telle occasion, vous prenez là dessus telle [prompte] bonne resolution que nous congnoissans en cela la continuation de vostre singulier zelle et af-
fection en son service, vous voullant bien prommectre et asseurer qu'i ne se trouverra aulcune faulte, dif­ficulté, ne retardement à l'observation desd, suret­tez'2' pour le remboursement de lad. somme, ainsi que plus amplement led. srRoy, mon filz, vous es­cript par sad. lettre, et que nous avons dict aud. Prevost pour [le] vous faire entendre, dont vous le croyrez comme nous mesmes. Priant Dieu vous donner, Messrs, ce que desirez.
"De Paris, ce huictmc jour de Juing, l'an v° LXIII '3'. n
Signé: KATHERINE. Et au dessoubz : Robertet.
Et au dessus desd, lettres est escript : A Mess'' les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
CCCL. — Mandement à Kerver pour la procession.
9 juin 1563. (Fol. 194 r°.)
De par les Prevost des Marchans et Eschevins
DE LA VILLE DE PaRIS.
"Sire Jacques Kerver, Quartenier de lad. Ville, faictes sçavoir, suyvant le commendement du Roy, à tous les bourgeoys et habitans des rues par où les processions passeront demain qu'ilz ayent à tendre ou faire tendre devant leurs maisons de belle tapis-serye ou telle qu'i la pourront avoir ; et s'il se treuve aucuns reffusans, qu'il n'en tienne compte, ou que ies maisons soient vuidés, admonestez de nostre part les prochains voisins de tendre en leur lieu, et les faire admonester qu'il n y aict aucune sédition ; et où il y adviendra aucun contredisant ou murmu­rant, que lesd, voisins preignent leurs noms par es­cript pour nous estre apportez pour y pourveoir, suy-
vant "l'intention dud. Sr. Et oultre faictes sçavoir à tous les cappitaines de voz Dixaines qu'ilz ayent à appeller chascun vingt cinq hommes de leurcompai-gnye, bien armez et equippez, la harquebuze sur l'espaulle ou la ballebarde, et qu'ilz se tiennent en la rue, non au corps de garde, depuis sept heures du matin jusques au soir, pour garder qu'il n'y aict aulcune sédition, et qu'il y aict ung chef qui com-mende, affin d'esviter confusion. Plus, faictes sçavoir ausd, cappitaines qu'ilz ayent à eulx trouver à che­val, en armes, avecq la meilleure compaignye de gens de cheval qu'ilz pourront, à une heure après midy, devant l'Hostel de lad. Ville pour nous acompai-gner la part où nous vouldrons aller. Et surtout com-mendez à ung chascun en vostred. quartier qu'il n'y
était la revanche de Calais et qu'elle garderait cette place jusqu'à la lin. Du reste, dès la tin d'avril, la Reine-Mère considérait comme imminente la guerre avec l'Angleterre, ainsi qu'elle le mandait à M. de Gonnor : -Je ne voy pas grande apparence, disait-elle, que nous puissions recouvrer le Havre-de-Grace des mains des Angloys par autre moyen que celluy de la force»; aussi donnait-elle l'ordre de pousser activement les préparatifs militaires, «sans y perdre plus une seulle heure de temps», faisant fondre des canons -pour faire une furieuse bapterien, acheter de la poudre et des munitions de guerre, rassembler des vivres. {Lettres de Catherine de Médicis t. Il, p. 26, 38.)
(l) L'Échevinage fit répondre Ie 14 juin suivant à la Reine-Mère qu'à la fin de la semaine le montant de l'emprunt serait versé entreses mains. (Cette lettre, signée de Bachelier, se trouve à la Bibliothèque Nationale, fonds français, 15878, fol. 4o.)
(2' Nous remplaçons la version fautive, l'obeissance desd, serviteurs, contenue au Registre des Délibérations, par le texte que nous donne le registre Z 6826, fol. 89 r°.
• (3) L'original de cette lettre aux Echevins de la ville de Paris est conservé à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, vol. 18, fol. 4g. M. H. Laferrière en reproduit le texte dans son recueil des Lettres de Catherine de Médicis, t. II, p.' 53.